L’art transactionnel

D’un regard ouvert vers une résonance possible, ténue, se fait le repérage et le choix. Retrouvée plus tard, là à l’abri, la souche, extraite de sa destinée de décomposition, sollicite quelque résurrection. Le dépouillement de ses habits mortifères, de sa ruine, confirme une vie incarnée dans des lignes de force habitées de puissance. Puissance du mouvement des formes, puissance des forces devenues vaines, il y a là comme une nouvelle vie à révéler.

Le travail de l’art consiste à exprimer ce qui se propose avant même qu’une conscience en vienne nommer la promesse. C’est bien une maturation de l’inspiration qui trouve ses formes et ses postures dans la matière vivante avant même de trouver ses mouvements d’âme et les mots qui le disent. L’humanité trouve dans l’art le chemin de se dire et aussi de le dire.

Ainsi la nature en déchéance révèle la nature humaine comme co-créatrive. Seul l’homme parle de lui et il trouve dans la nature des signes et formes symboliques de ses «états d’âmes». C’est par l’oeuvre qui l’a touché que l’artiste touche alors tous ceux qui s’y reconnaissent, admirant la beauté, la nature, la condition humaine, les scènes de son humanité ou de celle de ceux avec qui il la partage.

La langue des bois est une langue humaine et fait parler l’oeuvre à ceux qui s’en approchent.

C’est par son oeuvre que l’artiste parle à d’autres, humains comme lui. C’est par la nature des choses qu’il trouve le langage de la nature humaine, partagée entre tous. Transaction médiatisée, transaction de reconnaissance d’une même humanité. C’est là la valeur de l’oeuvre.

Roger Nifle Mai 2013

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