Eco-sculptures

Pour une interprétation humaine de la nature

Le sculpteur travaille la matière brute, l’éco-sculpteur travaille la nature. L’un et l’autre lui donnent forme humaine, d’inspiration humaine. Souvent figurative et esthétique pour les uns, elle est surtout onirique et évocatrice pour les autres.

Les sculptures de Roger Nifle ne montrent pas, elles signifient, articulant l’émotion, la matière et le concept, trépied de la révélation du Sens, par le biais de l’imaginaire. L’imaginaire habille des souches brutes devenues policées s’exprimant ainsi dans un art brut policé. Brut car non fabriqué et policé parce que ces éco-sculptures sont vêtues comme d’une peau, lisse et souvent vernissée qui leur donne une tenue. Il ne leur manque que la parole que l’écriture exprime signant l’identité et l’âme de l’oeuvre nouvellement créée.

Naissent ainsi, sortis de leur gangue primitive, des personnages, des caractères, un bestiaire, tous présence d’humanité. Ils nous parlent de nos grandeurs d’âmes et nos petitesses, jamais sous le mode dénonciateur mais toujours révélateur. Enracinés dans la nature des bois, leurs formes et leurs élans restés inconnus, ces témoignages d’humanité apportent une présence comme toutes ces oeuvres qui meublent notre monde humain. Ils nous parlent une langue des bois que le texte qui les accompagnent traduit dans une autre langue, comme il pourrait y en avoir d’autres encore. C’est le Sens qui leur est commun, rendu accessible par la médiation de l’imaginaire devenu révélateur d’humanité au travers de la nature réinterprétée. Le philosophe le nomme intelligence symbolique ou intelligence du Sens. Cet art, art brut policé, donne un Sens particulier à l’éco-sculpture où l’amateur d’art se fait amateur d’humanité.

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